dimanche 1 juillet 2012

Les (dé)plaisirs du ciné-parc

Rock Pinard

Dans mon jeune temps (ahem), une sortie au ciné-parc était précisément cela: une sortie. Le pyjama, les couvertures, le pop-corn fade et l’espèce de gros haut-parleur en métal qu’il fallait accrocher à la fenêtre, et qui permettait d’apprécier le film avec une sonorité fabuleusement mono – et de se faire dévorer par les maringouins toute la soirée.

Récemment, inspiré par un élan de nostalgie et sans doute par le souhait de transformer mes souvenirs de jeunesse en tradition générationnelle, j’ai amené la petite famille voir les Avengers au ciné-parc de la région. L’aventure s’est avérée phénoménalement, spectaculairement… décevante.

En cette ère de numérisation et autres progrès technologiques, le ciné-parc, lui, semble être demeuré figé dans le temps. Rien n’a changé. Ou si: le haut-parleur d’antan a désormais été remplacé par une station radiophonique, ce qui permet de garder toutes les fenêtres du véhicule fermées. Bye bye maringouins.

Sinon… Le terrain est aussi cahoteux et mal entretenu qu’une route typique du Québec. Le casse-croûte fait tellement années-50-sans-le-kick-nostalgique qu’on s’attend à tout moment à voir surgir Marty McFly et le méchant Biff. Sans compter le pire défaut de tout: la projection.

De toute évidence, personne n’a pensé dire aux proprios des ciné-parcs que l’ampoule dans leurs projecteurs est nettement insuffisante pour bien éclairer un écran qui semble situé un kilomètre plus loin. Résultat: on a parfois de la difficulté à déterminer si c’est Iron Man ou Hulk qui est en train de tomber dans le vide. Ou si on s’est trompé d’écran et c’est plutôt à une projection de Laurence Anyways qu’on est en train d’assister.

Le tout est exacerbé par cette désagréable propension du public à allumer les phares de leur véhicule, ce qui vient diluer encore davantage l’image à l’écran. Et on se demande alors: depuis quand les Avengers sont-ils pris dans une tempête de neige au pôle Nord?

Donc, recommandée, la sortie au ciné-parc? Mes enfants, eux, ont eu du plaisir. Là où je ne voyais que des désagréments, eux n’y ont vu que du feu (et des phares). Donc, si jamais on insiste pour répéter l’expérience, je tâcherai d’en faire un film qui ne m’intéresse pas. Et j’apporterai mon oreiller. Et mon pyjama.

Source: Le blogue Cinéma de Y! Québec
 

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